Christian Wasselin

Né à Marcq-en-Barœul (ville célébrée par Aragon) et amoureux du Nord, Christian Wasselin se partage entre la fiction et la musicographie.

Dans le registre romanesque, outre les trois livres publiés aux éditions des Soleils bleus, on lui doit Rue du bois de la lune (Aléas) et Clara ou le soleil noir de Robert Schumann (Scali). Ce dernier ouvrage met en scène un personnage d’exception, le compositeur Robert Schumann, traité sous un angle nocturne et fantastique.

Une certaine veine romantique habite en effet l’univers de l’auteur, qui a consacré plusieurs essais et monographies à des compositeurs d’exception : Berlioz (Berlioz, les deux ailes de l’âme, Gallimard ; Berlioz ou le Voyage d’Orphée, Le Rocher), Beethoven (Beethoven, les plus beaux manuscrits, La Martinière) et Mahler (Mahler, la symphonie-monde, Gallimard).

Amoureux des villes (réelles ou imaginaires) et du théâtre, Christian Wasselin a également signé Le Paris de Nerval (Alexandrines) ainsi qu’une biographie de Beaumarchais (Gallimard). On lui doit aussi plusieurs fictions radiophoniques, ainsi que le livret de l’opéra de Gérard Condé Les Orages désirés.

Il est par ailleurs rédacteur en chef de La Lettre des concerts de Radio France et collabore à Opéra magazine, à Scènes Magazine et au site Webthea.

Photo de l'auteur : Camille Grabowski

Romans

L'ornithophoniste

Partis pour le pays de Thulé, deux voyageurs se retrouvent prisonniers d’une ville qui n’existe sur aucune carte. Des volcans et des glaciers l’entourent, des ballons et des montgolfières abritent les sentinelles qui à la fois la surveillent et la protègent.

Gouvernée par un prince invisible, dévorée par son passé, parcourue par des milices, la ville s’efforce d’entretenir les souvenirs d’une civilisation perdue dont il ne restera bientôt plus que des souvenirs. Tout autour d’elle, dans les faubourgs, un babil a remplacé la langue : le silence et la nuit n’y existent plus, les esclaves se réjouissent d’être dans les fers. Contrainte de changer constamment de forme afin de brouiller les pistes, la ville abrite des personnages enclins à la nostalgie : Tobias, le jeune héritier fatigué ; Emma, l’amante vieillissante, prisonnière de ses chapeaux et de ses oiseaux ; Aya, la princesse qui reçoit des lettres écrites par un marin enfui ; Oleg et Gala, les jumeaux amoureux ; Octave, le prestidigitateur déchu.

Tous évoluent dans le décor rêvé des balcons, des jardins et des ponts, au milieu des lunes trompeuses et des voix évanouies. Ils vont s’efforcer de retrouver le chant perdu jusqu’à ce qu’une catastrophe survenue dans l’ordre du cosmos sème le chaos dans la composition trop parfaite de la ville.

Les Soleils Bleus Editions, 2019

Une balade à Thulé

Une Balade à Thulé est un livre d’impressions autant que de souvenirs, qui se propose d’évoquer la lumière du Nord et, plus précisément, la lumière changeante qui accompagne le voyageur à mesure qu’il se dirige vers le Nord. Car le Nord est aussi une dérive qui attire vers des latitudes toujours plus septentrionales.

Le texte part de deux points de vue : celui, réaliste, du quartier populaire situé près de Lille (pavés, usines, tramways, canaux…) où est né l’auteur ; et celui, imaginaire, du pays de Thulé qui prit corps par la magie de la « Ballade du Roi de Thulé » de La Damnation de Faust de Berlioz que l’auteur découvrit, enfant, à l’Opéra de Lille.

Ce voyage est une escapade dans l’espace et dans le temps. Sa géographie est sentimentale, subjective, fantaisiste, car Thulé reste un mythe et un rêve. Il conduit le lecteur de Lille (point de départ) au Grand Nord via les monts des Flandres, les côtes flamandes, les cités du Nord (Gand, Amsterdam…) et la Scandinavie, avec un détour par l’Écosse, qu’on peut considérer comme un balcon sur Thulé. Il s’effectue avec la complicité de quelques compagnons de route tels que Pythéas, Marguerite Yourcenar, Jean Malaurie, Sibelius ou encore Paul Delvaux dont les toiles oniriques, riches de briques, de gares fantastiques et de lumières nocturnes, ont marqué à jamais l’imagination de l’auteur.

Une Balade à Thulé évoque les canaux et les écluses, les briques, les paysages industriels, les places marchandes, les beffrois, les estaminets, etc. Les plages flamandes, la Hollande, la mer Baltique, etc., sont autant d’escales permettant de glisser vers les horizons boréaux.

Une balade à Thulé, en un mot, évoque la manière dont un opéra, un beau jour, a stimulé l’imagination d’un enfant et lui a donné le désir de parcourir dans tous les sens le Nord qui est sa terre natale et reste à jamais son horizon chimérique.

Les Soleils Bleus Editions, 2017

 

La chouette effraie

Alors que la Vieille-Bourse de Lille est le lieu d’étranges complots, un riche propriétaire fait de son domaine en ruines un repaire de mercenaires puis une prison où sont retenues plusieurs femmes innocentes. Certaines en mourront.

Un film dérobé par un cinéaste jaloux et caché dans le marais audomarois, une campagne municipale à Lille, des truands au petit pied, tout un monde se retrouve et se débat dans le brouillard, dans des maisons perdues ou au pied des briques qui contribuent au pittoresque de la ville.

La Chouette effraie est un théâtre de la cruauté où le récit et sa parodie se donnent la main, où les souvenirs du roman noir américain du XXe siècle se mêlent aux parfums du gothic novel du XVIIIe. Habité d’héroïnes sacrifiées, de faux artistes, de vrais imposteurs et d’automobiles aux chromes luisants, ce livre est aussi une quête de l’inaltérable beauté des œuvres qui résistent aux pires traitements.

Les Soleils Bleus Editions, 2016