Geairon Yosserian

« Je veux faire de la couleur mon cheval de guerre et la lumière mon fer de lance. »

Photo yossserian geairon

 

Yosserian Geairon est un artiste et écrivain dont le parcours oscille entre la plume et le pinceau. Né à Tours, il s’est d’abord formé au droit de l’environnement en France, puis aux pratiques artistiques en Belgique. Son travail, marqué par une exploration du plexiglass, lui permet d’interroger la lumière, la matière et le reflet, tout en s’inscrivant dans une dynamique où abstraction et figuration se rencontrent.

En parallèle de son engagement dans le domaine des arts plastiques, Yosserian Geairon développe une approche théorique, alliant études des arts et de la philosophie. Il analyse la relation entre l’artiste, son œuvre et son spectateur, remettant en question le rôle du langage dans l’interprétation artistique.

Loin de se limiter à un simple exercice intellectuel, son écriture est un prolongement de sa démarche plastique : elle joue avec les formes et les perceptions, cherchant à défaire les évidences pour amener le lecteur à une expérience de l’art plus directe et plus libre. Par cette double approche, Yosserian Geairon s’inscrit dans une quête incessante de compréhension et de dépassement des cadres établis, faisant de chaque création une invitation à reconsidérer notre rapport au sensible.

Site du peintre et plasticien

" Faire cohabiter le reflet du spectateur avec les formes abstraites de la peinture "

 

 

 

Le tableau permettrait à l’opaque réalité extérieure de se laisser modeler, et dans laquelle le moi du spectateur se retrouve. Ce face à face  doit s’avouer dès lors comme la projection d’un dialogue interne, celui de l’auto-contemplation.

Lautocontemplation couverture

 

L'auto-contemplation interroge la manière dont l’individu se construit à travers son propre regard et son usage du langage. L'auteur analyse l’auto-contemplation non pas comme un simple processus de connaissance de soi, mais comme un vice qui enferme l’individu dans une boucle narcissique. Le langage, en tant que medium de cette introspection, est ici perçu comme un piège, une construction qui fige plutôt qu’elle ne révèle. À l’inverse, il défend l’idée que le silence, en suspendant le discours intérieur, permet d’accéder à une perception plus immédiate et plus pure du réel. Il devient alors une forme de vertu, une ouverture à ce qui échappe aux mots et aux classifications mentales.

La première vérité qu'impose le tableau est la nôtre. Ainsi, le spectateur contemple davantage les reflets de ses propres représentations que les formes-couleurs du tableau.En persévérant dans l'auto-contemplation, le spectateur fait germer le risque de mêler l'ennui et le mensonge, là où la nouveauté et la volupté s'embrassent.L'erreur dans laquelle il persiste donne lieu à une seconde réalité du même phénomène, celle de la tragédie de l'auto-contemplation.

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Lauréat de la 33ème édition du prix artistique de la Ville d’Antoing

Photo prix antoing

Novembre 2022

La 33ème édition du prix artistique de la Ville d’Antoing se tenait ce vendredi soir au Foyer socioculturel. Parmi les treize candidats en lice, c'est finalement Yosserian Geairon, jeune étudiant aux Beaux-arts de Tournai de 26 ans, qui a retenu l'attention du jury avec ses peintures sur plexiglas. Une oeuvre qui invite le spectateur à faire face à son propre reflet.

Le jury, composé à la fois de personnes issues du milieu culturel et artistique, de personnalités politiques et de partenaires du concours, reconnaît que les résultats étaient serrés. Les candidats participants de cette année étaient d'ailleurs pour la majorité déjà formés et engagés dans l'art. Les deuxième et troisième prix ont été décernés à Frédérique Targez et Myriam Ortiz Medina. Les oeuvres des candidats restent visibles au Foyer socioculturel d'Antoing jusqu'au 27 novembre.

Reportage vidéo

L art e s t vous couverture

 

Combien d'entre nous n'ont jamais trouvé le temps (trop) long devant un tableau difficile à faire parler ? Est-il possible que le tableau ne soit qu'une excuse pour le spectateur afin qu'il puisse admirer son reflet à travers les coups de pinceau ?Combien d'entre nous n'ont jamais parcouru les couloirs d'un musée dans l'espoir de tomber sur le tableau qui brisera le silence de ceux qui ne répondent pas à nos appels ?

Dans L'art e(s)t vous, Yosserian Geairon prolonge (ou réitère) sa réflexion en insistant sur la manière dont le langage structure notre relation à l’art. Il démontre que l’œuvre est souvent réduite à un discours imposé par l’artiste ou l’interprète, empêchant ainsi une rencontre authentique. Loin de chercher à surcharger l’expérience esthétique de commentaires et d’interprétations, l'auteur invite à une réception silencieuse de l’art, où le spectateur se dépouille de son besoin de nommer et de définir pour entrer en résonance avec l’œuvre.

L'auto-contemplation et " L'art e(s)t vous" s’articulent autour d’une critique du langage comme écran entre soi et l’art, et d’une apologie du silence comme véritable moyen de relation à l’œuvre. L’auto-contemplation, en tant qu’excès de discours sur soi-même, est dénoncée comme un enfermement, tandis que le silence devient le lieu d’une perception plus libre et plus juste du monde artistique et de soi-même.

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