Aline Leguluche: " J’ai appris à lire à 50 ans" , son "Combat contre l’illettrisme"

Le 20/01/2026 0

Aline Le Guluche est une figure française engagée dans la lutte contre l’illettrisme. Après avoir appris à lire à 50 ans, elle partage aujourd’hui son parcours pour briser les tabous. Son témoignage incarne la résilience, la dignité et l’espoir d’une seconde naissance.

La lutte contre l'illettrisme au salon des Auteurs de Calais 16 et 17 Janvier 2026

Un salon ancré dans son territoire 

À l’occasion du Salon des Auteurs de Calais, organisé par Calais Culture Littérature, Antoine Duclercq, président des Auteurs des Hauts-de-France ADAN a conduit un entetien avec Aline Leguluche dont le parcours force l’admiration. Aline Le Guluche, devenue l’une des voix les plus fortes de la lutte contre l’illettrisme en France, vient partager son histoire, son engagement et son regard sur un combat qui touche encore des millions de personnes. Dans cet entretien, elle revient sur son chemin de résilience, sur la renaissance que fut l’apprentissage de la lecture à 50 ans, et sur les actions qu’elle mène désormais pour briser le silence autour de l’illettrisme. Un échange sincère, puissant et nécessaire, au cœur d’un salon dédié aux mots, aux auteurs et à la transmission.

 

Affiche salon calais leguluche

" Reprendre sa vie en main "

Aline Le Guluche, née en 1961 dans une famille d’agriculteurs, est aujourd’hui une figure française emblématique de la lutte contre l’illettrisme. Huitième et dernière enfant d’une fratrie nombreuse, elle grandit dans un milieu modeste où ses difficultés d’apprentissage, liées notamment à une dyslexie non reconnue, ne sont ni comprises ni accompagnées. Humiliée à l’école et marquée par un parcours scolaire douloureux, elle entre très tôt dans la vie active en dissimulant son illettrisme, qu’elle porte comme un fardeau pendant des décennies.

« Les lettres se mélangeaient, je n’y arrivais pas, et on me répétait que je n’étais bonne à rien », raconte-t-elle souvent. Pendant des années, elle avance ainsi « dans la honte », multipliant les stratégies pour cacher ce qu’elle vit comme une blessure intime. « J’ai passé ma vie à faire semblant », dit-elle, résumant d’une phrase la violence silencieuse de son quotidien.

À l’âge de 50 ans, elle décide de reprendre sa vie en main. « Retourner à l’école a été ma plus grande victoire », confie-t-elle. Elle apprend enfin à lire et à écrire, découvrant une liberté qu’elle décrit comme « une véritable renaissance ». Ce parcours, qu’elle raconte dans J’ai appris à lire à 50 ans et Mon combat contre l’illettrisme, fait d’elle une ambassadrice engagée. Elle sillonne aujourd’hui la France pour témoigner, sensibiliser et redonner espoir aux millions de personnes concernées par l’illettrisme. « L’illettrisme n’est pas une fatalité. On peut s’en sortir, à tout âge », répète-t-elle avec conviction.

Son histoire, faite de courage, de résilience et de dignité, a contribué à briser un tabou et à mettre en lumière cet handicap invisible qui touche encore de nombreux adultes en France. À travers sa voix, c’est tout un pan de la société qui se révèle : celui de celles et ceux qui, longtemps, ont avancé dans l’ombre et qui, grâce à des parcours comme le sien, trouvent enfin la force de se relever.

Témoigner , publier, s'engager, agir sur le terrain, ...

Témoigner

Aujourd’hui, Aline Le Guluche parcourt la France pour raconter son histoire. Elle se rend dans des écoles, des médiathèques, des associations ou des collectivités, où elle partage ce qu’a été sa vie dans l’ombre de l’illettrisme. À chaque rencontre, elle décrit la honte, les stratégies pour cacher ses difficultés, puis la libération que représente l’apprentissage de la lecture à 50 ans. Son récit, simple et direct, permet à d’autres de se reconnaître et d’oser parler à leur tour.

Publier 

Ses livres, J’ai appris à lire à 50 ans et Mon combat contre l’illettrisme, prolongent sa voix. Ils servent de support à des formateurs, des travailleurs sociaux et des institutions qui s’appuient sur son parcours pour ouvrir le dialogue. À travers ces ouvrages, elle montre que l’illettrisme n’est pas une fatalité et qu’une seconde naissance est possible, même tard dans la vie.

 

 

Engagée publiquement 

Aline met également sa voix au service d’organismes nationaux engagés dans la lutte contre l’illettrisme. Elle participe à des campagnes de sensibilisation, prête son expérience à des actions publiques et contribue à rendre visibles les dispositifs existants. Son vécu donne une force particulière à ces engagements.

Agir sur le terrain 

Elle se rend régulièrement dans des centres sociaux, des associations ou des structures d’insertion pour rencontrer les personnes les plus vulnérables. Elle écoute, rassure et encourage, consciente de la peur et de la honte qui freinent souvent les démarches. Sa présence bienveillante aide chacun à avancer à son rythme.

Sensibiliser à l’illectronisme

Enfin, elle élargit son combat aux difficultés numériques, qui touchent souvent les mêmes publics. En alertant sur l’illectronisme, elle rappelle que l’exclusion se joue aussi dans l’accès aux outils numériques et aux démarches en ligne. Elle contribue ainsi à une vision plus globale de l’inclusion.

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