Laurence Caron

Titulaire d’une licence de Lettres et diplômée de l’ESJ Paris, Laurence Caron-Verschave commence sa carrière professionnelle en 1987 comme journaliste à La Voix du Nord, sa région d’origine. Un retour aux sources où la jeune journaliste se régale au travers de belles rencontres humaines dans l’écriture de sujets très variés.

Une opportunité professionnelle la fait bifurquer vers la presse d’entreprise : elle se charge de la Communication Interne du Crédit Mutuel Artois-Picardie pendant deux années.

En 1991, son appétence pour l’Aventure lui fait prendre un nouveau virage. Après avoir bourlingué 6 mois sur les pistes africaines (un vieux rêve !), elle pose un moment la plume pour se lancer avec son amoureux dans la création d’entreprise.

L’amoureux devient mari, le couple devient parent et l’entreprise souffle en 2011 ses 20 bougies… et Laurence Caron-Verschave ses 50 ans !

Ces années TGV n’ont pas éteint son addiction pour la com’ qu’elle a toujours entretenue avec bonheur dans le milieu associatif.

Pour ses 50 ans, Laurence Caron-Verschave s’offre un retour professionnel vers ses premiers amours : elle intervient depuis comme journaliste et consultante en communication.

Le mariage d’amour n’a que 100 ans

Ce livre est une conversation entre un historien-sexologue, Yves Ferroul, et Laurence Caron.

À la manière d’une enquête, il retrace la longue histoire du couple, depuis la Lucy des cavernes jusqu’aux Lucie d’aujourd’hui. Sans jugement et basé sur des faits historiques, il explique comment un simple contrat d’intérêt s’est embarrassé au fil des siècles d’un élément incroyablement nouveau : l’Amour ! Et comment, finalement, ce sentiment a redistribué les cartes pour offrir au XXIème siècle des possibilités totalement inédites

Editions Odile Jacob

 

Article paru dans le Figaro Santé en 2015

Amour et mariage : le verbe aimer est très difficile à conjuguer. C'est une plongée originale dans l'histoire que nous convient Laurence Caron-Verschave, ancienne journaliste, et Yves Ferroul, médecin sexologue et chargé de cours d'histoire de la médecine. Et il s'agit de l'histoire du couple depuis la préhistoire jusqu'à nos jours. D'où le titre provocateur de leur ouvrage. « Le couple d'aujourd'hui est le fruit d'une très longue histoire, commencée il y a des millions d'années », lance le médecin. Ce à quoi rétorque son acolyte : «Donc on pourrait imaginer que Lucy, la grand-mère de l'humanité, a filé le parfait amour avec un bel australopithèque tout poilu ? » C'est ce qui fait l'un des intérêts du livre : il est écrit sous forme d'un dialogue, léger et spontané, mais érudit et plein d'humour. En fait de couple chez Lucy et pendant une longue période, il est plus probable qu'il ne s'agissait que de sa dimension accouplement et reproduction. Mais pour le sexologue, les premiers hommes y ont également très tôt introduit une sexualité de plaisir. À l'Antiquité, le sentiment amoureux n'est pas cité. Comme le résume Démosthène, 350 ans avant Jésus-Christ : « Les courtisanes, nous les avons pour le plaisir ; les concubines, pour les soins de tous les jours ; les épouses, pour avoir une descendance légitime etune gardienne fidèle du foyer. » Du temps des premiers chrétiens, le mariage est là surtout pour officialiser la pérennité de la « lignée ». L'épouse est là pour enfanter mais reste inférieure en tout à l'homme. Paradoxalement, c'est au XIIe siècle que seront jetées les bases du couple moderne. C'est là que l'amour courtois émerge, par le biais entre autre des troubadours. Mais il reste encore clairement hors mariage. Et les histoires d'amour, comme Abélard et Héloïse ou Roméo et Juliette, finissent mal. À cette époque, les femmes peuvent étudier, exercer des métiers, diriger des territoires. Une parenthèse qui durera peu et qui se refermera au XIIIe siècle. La Renaissance et l'Ancien Régime ne verront pas le statut de la femme évoluer beaucoup. On épouse pour avoir une descendance (mâle), un nom, une dot ou un titre de noblesse. Les unions sont arrangées ou de nécessité. « La menace amoureuse nargue indéniablement le contrat de mariage. » Le siècle des Lumières et la Révolution vont aussi, dans ce domaine, ébranlerle système. Les idées sont lancées mais restent lettre morte. Il y aura pourtant, au fil des décennies, une « revalorisation de l'amour ». Et c'est « le XIXe qui va sourire aux amoureux: (...) La passion amoureuse devient alors quelque chose de positif à vivre ». Parallèlement, des actions pour l'épanouissement des jeunes filles et des femmes gagnent en popularité. « II faut mener une grande bataille afin que les femmes surmontent les inhibitions que leur a imposées leur éducation et qui les ont rendues si collet monté. L'idéal : des époux qui seraient aussi des amants. » Tout semble dit. Mais la suite, on le sait, ne sera pas un long fleuve tranquille. Comme a écrit Cocteau : "Le verbe aimer est l'un des plus difficiles à conjuguer : son passé n'est pas simple, son présent n'est qu'indicatif et son futur est toujours conditionnel".

Le plaisir des livres par Jean-Luc Nothias