Isabelle Marsay

Romancière et nouvelliste, Isabelle Marsay a été pigiste dans différents journaux avant de devenir professeur de lettres et de philosophie. Ses premiers textes ont été publiés dans la revue « 148 » de l’université Toulouse le Mirail sous la direction de Serge Pey.

Elle publie depuis vingt ans des nouvelles et des romans dans des registres très différents.

Roman

Le poisson qui rêve (1998, Flammarion)

Quand l'amant de passage qu'elle a ramené chez elle meurt en plein coït, elle n'est pas vraiment stupéfaite. Un peu inquiète, certes, à l'idée d'être tenue pour coupable, mais surtout curieuse de revoir en face " le regard du Mort ". Elle n'a plus qu'une obsession : renouveler l'expérience de l'étreinte qui tue. Entre deux séances de manucure, elle envisage plusieurs stratagèmes et décide de passer une petite annonce. Elle y offre ses services de garde-malade câline, apte à soulager bien des souffrances. Mais avec les vieillards cacochymes, les faux malades et les très résistants, le projet s'avère difficile à réaliser. Elle va devoir aller plus loin. En attendant, elle se console comme elle peut auprès de Walter, son poisson rouge, sans être tout à fait comblée...

 

Roman

L'apprenti des Lumières ou l'ombre de Voltaire (2018, Ginkgo)

"L' Apprenti des Lumières" Comme le précédent opus (Le Fils de Jean-Jacques), se fonde sur de nombreuses recherches historiques, la vie de Baptiste appartenant à la fiction, contrairement à celle des deux écrivains aux vues si modernes et si antagonistes... En imaginant la vie du seul enfant que Rousseau aurait pu retrouver, Isabelle Marsay croise les destins du père et du fils, donnant à voir le quotidien d'une époque paradoxale : siècle des Lumières, ultimes heures de la féodalité, décor naturel d'une histoire presque authentique. Ce Roman évoque la vie d'un fils, le drame d'un père, et s'attarde sur la face cachée de deux Lumières qui se déchirent en plein jour. Rousseau meurt sans savoir que Voltaire a révélé sur la place publique son douloureux secret dans un pamphlet anonyme en imitant le style d'un pasteur. (Le sentiment des Citoyens, décembre 1764.)

Nouvelle

Jean d'O(r) (2016, Les Soleils bleus)

Quand une jeune lectrice rencontre son écrivain fétiche... Un portrait impertinent et inspiré, ancré dans le réel ou dans l’imaginaire, avec, en toile de fond, un ciel d’azur, quelques vagues et la littérature... Dans cette nouvelle, Isabelle Marsay met l’intelligence de son écriture au service d’un hommage en clin d’oeil à Jean d’Ormesson.

Roman

Rue des dames ou Petits plaisirs solidaires (2013, Ginkgo)

«Travailler moins et vivre mieux.» Une célibataire acquiert une demeure au charme désuet comportant sept logements et un jardin en friche pour fonder une sorte d'arche de Noé fantasque. Elle emménage avec deux femmes récemment divorcées puis propose à des amis une colocation à titre gratuit fondée sur l'entraide, l'art et le rire.

Quand un spécialiste des troubadours et de l'amour courtois découvre leur communauté insolite, quatre appartements restent encore vacants...
Et si la colocation pouvait changer l'ordre du monde ?
Et si les utopies étaient possibles ? L'imprévu, prévisible ?

Personnages principaux : trois femmes, un auteur de chez Gallimard, un groupuscule d'altermondialistes.
Personnages secondaires : un arbre, un vase, les mots.

«Rue des Dames» est une comédie tonique aux personnages attachants, atypiques, dans lesquels chacun peut se perdre ou se retrouver. Un roman pétillant, servi par l'écriture élégamment acérée d'Isabelle Marsay, dédié «aux hommes aimants, aimables, aux femmes en général et en particulier»...

Roman

Quand tout se tait (2011, Myriapode)

Un quadragénaire du nom de Thomas enquête sur son passé pour tenter de dissiper un sentiment de malaise, qui s'accroît, inexplicablement, d'année en année. Ce roman, à la violence sourde, mêle plusieurs époques et superpose deux voix narratives en abordant les thèmes du libre-arbitre, de la psychogénéalogie et des secrets de famille qui nous façonnent à notre insu. Faut-il « chercher des cadavres dans les placards » et savoir ce qu'ont fait nos aînés ?

Essai

Les dessous de la chèvre de monsieur Seguin (2010, Corps Puce)

La chèvre de Monsieur Seguin, c’est nous. Nous qui bêlons plus ou moins ensemble, en hésitant à rester dans l’enclos, ou à le quitter.
Les errances de notre célèbre cabri renvoient à nos propres dilemmes, nos propres hésitations. Loin d’être un récit anodin, lu si souvent aux enfants, « La chèvre de Monsieur Seguin » s’apparente, pour notre auteur plein de verve, à une fable bovaryco-érotico-philosophico-psychanalytico-gastronomico-politique, et plus encore…
Dans ce texte qui sort des sentiers battus ou rebattus de la littérature, Isabelle Marsay nous offre un commentaire capricant, captivant, décapant, réservé aux adultes et aux adolescents, afin de revisiter un de nos plus grands classiques, en laissant vagabonder nos idéaux et notre imaginaire.
 

Roman

Pâques, la complainte d'une île (2009, Myriapode)

Tao est un jeune Maori courageux qui vit sur l'île de Pâques. La vie est dure pour lui, sa famille et les siens. La terre desséchée ne produit plus de quoi nourrir les hommes qui en sont prisonniers, la pluie est rare, le peuple de l'ouest sous la gouvernance du cruel Tohu s'est emparé des quelques pirogues encore capables de naviguer laissant au mieux, le peuple de l'est mourir de faim, quand, par ennui, il ne les massacre pas. Pourtant, sur cette île luxuriante comme ses soeurs du pacifique, « s'élevaient de hauts palmiers entre les cratères des trois volcans qui recueillaient l'eau de pluie » et les habitants, heureux, y vivaient en harmonie.

Un livre surprenant, hors des sentiers battus qui parvient à nous embarquer vers l'ailleurs du conte et du mythe avec l'étrange sentiment que cet univers-là pourrait, en fin de compte, nous être moins étranger qu'il peut le paraître à priori.

Nouvelles

Petits défis de la vie ordinaire (2008, L'Harmattan)

"A vingt ans, elle pensait que sa vie ressemblerait à un grand boulevard. A présent, elle a le sentiment de patauger dans une flaque flasque et pleine de remous".

Un recueil de nouvelles ou de "petits défis" au style alerte, faussement naïf, qui nous entraîne à Barcelone, Dakar, Paris, sur un mode ironico-tragico-tonique, avec des femmes, des hommes, des académiciens en tenue peu académique, des cohortes de flics sympathiques...

Roman

Le fils de jean-jacques ou la faute à Rousseau (2002, Balland - réédition en 2012, Gingko)

Novembre 1746. Une sage-femme dépose à l'hospice des Enfants-Trouvés un nouveau-né âgé de deux jours. Il est le fils d'un certain Jean-Jacques qui s'apprête à conquérir Paris.
L'abandon d'enfant est, à cette époque, une pratique relativement courante et ledit Jean-Jacques abandonnera successivement quatre autres nourrissons. Pourtant, son fils aîné, Baptiste, restera sa mauvaise conscience. Au soir de sa vie, il tentera en vain d'en retrouver la trace grâce à une carte à jouer déposée dans ses langes...
En imaginant la vie du seul enfant que Rousseau aurait pu retrouver, Isabelle Marsay croise les destins du père et du fils, donnant à voir le quotidien d'une époque paradoxale : siècle des Lumières, ultimes heures de la féodalité, décor naturel d'une histoire presque authentique : celle d'un homme qui abandonne ses enfants puis écrit des traités d'éducation qui feront date jusqu'à nos jours.

Interrogeant la conscience et les contradictions de Rousseau, dont la faute sera révélée au grand jour par Voltaire, Isabelle Marsay nous offre un roman surprenant, avec des personnages hauts en couleurs, de l'amour, de la haine, de la cupidité et de la générosité, sous-tendu par cette question : comment le pédagogue de L'Émile a-t-il pu abandonner cinq enfants ? Faut-il condamner notre philosophe, le plaindre ou s'abstenir de le juger ?

Le Fils de Jean-Jacques a reçu le Prix Littéraire InterAsma en 2016.

Roman

L'instant C (2000, Balland)

Dès le début, j’ai su que Saul était spécial. À présent, je sais qu’il est givré, siphonné, tordu, et je me retiens pour ne pas l’appeler, puis débiter ce qui se fait de mieux en termes d’injures ou d’insanités. Mais je crois qu’il vaut mieux rester calme, ne pas entrer dans son jeu, éviter de répondre, ou bien sur le ton le plus neutre, le plus aseptisé : « Le destinataire est prié de relire son courrier avant de l’expédier. De réviser ses positions, sous peine de déconvenue ou de silence non motivé. » Qu’il convient de gérer la situation dignement, avec de la maîtrise, du doigté. De la maîtrise, c’est surtout avant que j’aurais dû en posséder. Mais le temps de savoir qui était face à moi, je l’avais invité Passe un soir, n’hésite pas, à très bientôt, bye, bye et Saul avait investi mon F. 2, tel un loup qui va croquer sa proie.

L'instant C a reçu le prix du livre de Picardie.

 

Récit

Tom ou l'Optimisme sous le pseudonyme d'Elsa LEMAY (2018, Les Soleils Bleus)

Depuis que Tom a deux ans, Elsa consulte des psychologues et des spécialistes. Comment aider un enfant puis un adolescent solitaire, en difficulté, qui se mure dans le silence et qui ne va jamais vers les autres ? Diagnostics antagonistes, imprécis, prises en charge inadaptées, "inclusion" scolaire qui rime souvent avec harcèlement, traumatisme, exclusion. Après des années de désarroi, Elsa découvre une association s'occupant de personnes atteintes de troubles autistiques et, en particulier, du syndrome d'Asperger. Tout s'éclaire. Les informations fusent. La traversée solitaire se mue en odyssée...