Patrick Fillioud, Prix du Manuscrit ADAN 2019

Votre manuscrit est une véritable saga des radios libres. Quelle est la part imaginée, la part inventée ?

Les principaux acteurs sont des personnages de fiction. En revanche, ils évoluent dans un décor, un environnement et des événements bien réels. D’autant que ce manuscrit a une longue histoire. Je l’ai écrit sur le moment, il y a plus de trente ans (qu’il a passé dans un tiroir). Et puis récemment, je l’en ai sorti pour le retravailler. Apparemment, j’ai eu raison.

Que pensez-vous des radios aujourd’hui ?

En quelques années, du début au milieu de la décennie 80, on est passé de la pénurie, quelques radios toutes dépendantes ou propriétés de l’Etat, à une offre de programmes extrêmement complète, une des plus variées au monde : l’info, toutes les sortes de musiques, la parole locale, militante ou communautaire, l’humour, la vie culturelle, le sport ou le débat… tous les sujets et les modes d’expression ont désormais droit de cité sur les ondes. C’est le mouvement des radios libres qui l’a permis, qui a ouvert ces territoires même si peu de stations de cette époque demeurent aujourd’hui.

Votre sentiment vis-à-vis du prix que vous venez de recevoir ? De la soirée en général ?

C’est formidable, l’occasion de faire revivre au travers de ce texte cette période intense et passionnée à laquelle ont directement participé des dizaines de milliers de jeunes dans toute la France, issus autant de zones rurales qu’urbaines. La soirée l’a d’ailleurs démontré : une bonne dizaine de personnes sont venues me voir après la remise des prix pour me dire qu’eux aussi y avaient participé.

Vous allez être édité par Nord-Avril, vous avez trouvé rapidement ! Vous connaissiez cet éditeur auparavant ?

Honnêtement non. Mais son dirigeant et créateur, Patrice Dufossé, avait lui-même été impliqué à l’époque dans une radio libre dont on va bientôt fêter les 40 ans, il tenait donc à ce texte qui lui parlait, autant que je tenais à le faire éditer. La discussion a donc été facile, naturelle et… positive.