Carine Bausière, Prix du Roman Jeunesse 2019

Qu’est-ce-qui vous a donné l’idée de la suite de votre premier roman ?

Je pensais déjà à cette suite quand j'ai terminé mon premier roman. Cette histoire est une parallèle à ma propre vie, je voulais la poursuivre. Mais je voulais écrire en ayant encore des choses à raconter. J'ai donc attendu que les idées arrivent, que la famille évolue dans ma tête. De nouveaux personnages sont apparus, je m'amusais à les mettre en scène. Quand j'ai eu suffisamment de matière, j'ai pu me remettre devant l'ordinateur...

Vous pourriez parler un peu du premier ? 

"Famille en kit cherche mode d'emploi" est la suite de "Qui décide, tous les soirs, d'allumer les étoiles ?". Dans ce premier volet, Camille, 13 ans, vient de perdre brutalement sa maman. La cellule familiale vole en éclats tant son papa, son petit frère Barnabé (dit Babar) et elle sont effondrés. Mais Camille va pouvoir compter sur une famille de coeur qui va se mettre en place pour l'aider à remonter la pente. Il y a d'abord son meilleur ami, Ben, dont elle est secrètement amoureuse alors qu'il préfère les garçons. Puis ses copines de classe qui vont lui permettre de vivre une vie d'ado de 13 ans. Et enfin les voisins du dessous, Adrien et Zénobie, soixante-huitards sur le retour, qui vont faire office de grands-parents de substitution pour aider Camille, Babar et leur papa à retrouver le goût de vivre. C'est un livre très optimiste, où on pleure (un peu) et où on rigole (beaucoup).

Vous abordez plein de sujets contemporains dans ce livre : les amours adolescentes, la famille recomposée, le handicap, l’écologie, les agressions verbales, la vieillesse, la mort, les voyages…autant de messages que vous vouliez faire passer. Pour vous quel est le plus important ? 

Vous avez oublié l'homosexualité pour compléter la liste. Le message le plus important est un tout, la bienveillance envers les autres. J'aimerais qu'elle revienne au centre des échanges, de la société. Même si on ne peut pas aimer tout le monde, la bienveillance est une forme d'intelligence dans les rapports humains. C'est l'huile qui permet aux rouages de tourner de façon fluide. Sans ça, ça grince, ça saute ou ça fonctionne à l'envers. 

Votre sentiment vis-à-vis du prix que vous venez de recevoir ? De la soirée en général ?

J'étais très stressée. Cette ouverture de l'enveloppe, sur scène, c'est un moment très particulier ! Mais j'ai beaucoup aimé que chaque finaliste puisse parler quelques minutes de son roman, surtout devant une salle bien remplie. Nous ne sommes pas des auteurs très connus, c'est toujours appréciable de voir notre travail ainsi mis en avant. Je suis fière et heureuse d'avoir reçu le prix du roman jeunesse. Il y a eu trois vainqueurs ce soir-là mais chaque livre avait ses qualités et je souhaite beaucoup de bonheur et de réussite aux autres auteurs.