Michel Danis

Fourmies : Michel Danis livre la belle épopée industrielle du roi de la machine à laver, Bendix

Retraité, Michel Danis publie un livre sur l’entreprise Bendix de Fourmies où il a travaillé et qui, pendant près d’un quart de siècle, a fabriqué des machines à laver automatiques, des réfrigérateurs puis des congélateurs (jusqu’à 800 par jour) grâce à 800 employés. L’usine a fermé ses portes en 1980.

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On se dit parfois que, fort heureusement, il y a encore des « gardiens de la mémoire ». Comme Michel Danis. Ce Fourmisien, âgé de 76 ans, publie actuellement un livre de 180 pages : Bendix électroménager (des hommes au cœur des machines). Bendix ? C’est une société qui s’est installée à Fourmies en 1957, dans l’ancienne usine de 50 000 m2 des Filés (SFRF), dans le quartier de Trieux. Où le septuagénaire a travaillé 21 ans, de 1957 à 1978. À l’époque, Bendix, c’est le leader de la construction de la première machine à laver automatique d’Europe… l’entreprise en fabriquait 800 par jour grâce à plus de 800 salariés de la Sambre-Avesnois !

Que restait-il de cette glorieuse période industrielle ? « Trente-cinq ans après la fermeture de l’usine en 1980, presque rien, précise l’auteur. Quand j’ai commencé ce livre, il y a six ans, je n’ai rien retrouvé. Il n’y a plus aucune archive, comme si cette épopée n’avait pas existé alors que ça grouillait sur place ». Mais c’est mal connaître M. Danis. Il entreprend de contacter les anciens employés : 220, au total. Le défi est relevé. Cela lui permet de réunir 500 témoignages, documents, photographies, publicités et anecdotes, comme celle-ci : «Bendix fabriquait, depuis 1950, ses machines à laver à Bagnolet avant de délocaliser sa production à Fourmies. En 1956, Marcel Boussac, le PDG, a visité l’ancienne usine SFRF et s’est décidé à l’acquérir quand il a su que Peugeot était aussi sur le coup. Pourquoi Fourmies ? Lors de l’inauguration, le même Boussac affirmera : On avait le sentiment que la municipalité nous attendait ». Dans ces pages de souvenirs, à un moment où le travail, parfois dur, ne maquait pas, on retrouve aussi la camaraderie qui régnait. « Bendix méritait bien ce coup de projecteur, ajoute l’auteur, tant l’entreprise a marqué la vie économique de Fourmies. Et puis, Bendix, qui dominait le marché hexagonal, a permis aux foyers français de s’équiper en électroménager, machines à laver, réfrigérateurs puis congélateurs, qui étaient conçus chez nous ».

Il y a 36 ans, l’usine fermait ses portes mais des cadres souhaitent poursuivre l’aventure en inventant la cave à vins. Ils créaient la société Foco… devenue aujourd’hui le leader de luxe de l’activité : EuroCave.